Que peut on dire sur Yusuf Al-Qaradhawi ?

  • Samir Abou Taymyya al Jazairi
  • Secte Ikhwane


La question posé à Sheikh Muqbil Ibn Hâdî al-Wâdi'î sur Yûsûf al-Qaradhâwî!
 



Question:


Que peut on dire sur Yusuf Al-Qaradhawi? Est-ce qu'il est innovateur ou pas? Et qu'elle votre opinion sur ceux qui disent qu'il est un ennemi d'Allâh [ou de la sunnah], et qu'il fait partie des enfants de Juif, d'où le surnom qui lui a été attribué "Al-Qaradhî" qui fait référence à Banu Quraidha (une tribu juive au temps du Prophète)?



Réponse:

 

Yusuf Al-Qaradhawî, depuis que nous le connaissons et que nous entendons parler de lui, est un partisan (hizbi) et un innovateur [Mubtadi']. Mais sur le fait de dire qu'il est un ennemi de la Sunnah, nous ne pouvons pas affirmer qu'il est un ennemi de la Sunnah, ni un enfant des Juifs. Nous devons être justes, comme Allâh dit: "Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité: cela est plus proche de la piété. " [Surat Al-Mâ'idah: 8].

 

Et Il dit: "Et quand vous dites quelque chose, soyez juste." [Surat Al-An'âm: 152] Et Il dit: " O vous qui Croyez! Observez strictement la justice et soyez des témoins comme Allâh l'ordonne, fût-ce contre vous-même, contre vos pères et mères ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allâh à priorité sur eux d'eux." [Surat Un-Nisâ v-135]

 

Et le Prophète (Sallallahu 'alayhi wa salâm) a commandé qu'Abu Dhar de dire la vérité même si elle est savère amère.


Par conséquent, je ne recommande pas que ses cassettes soient écoutées, ni que l'on assiste à ses conférences, ni que ses livres soient lu parce qu'il est fou. Il a un livre dans lequel il rend permis les différents groupes (jamâ'at), bien que le Prophète (Sallallahu 'alayhi wa salâm) dit: "La Main d'Allâh est avec la Jamâ'ah (Groupe) " et il n'a pas dit "avec les Jamâ'at (Groupes)! "
Et le Prophète (Sallallahu 'alayhi wa salâmi) dit: "Quiconque se sépare de l'obéissance (au Chef) se sépare de la Jamâ'ah (Groupe)... " et il n'a pas dit "des Jamâ'at (Groupes)! "
Et comme on retrouve dans les ahadîth d'Ibn 'Abbâs (radhiAllâhu 'anhu), le Prophète (Sallallahu 'alayhi wa salâm) a dit: "Quiconque répugne une chose venant de son commandeur ( Emîr) doit patienter; car celui qui s'éloigne, fût-ce d'un empan; de la Jamâ'ah (communauté), mourra d'une mort (similaire à celle survenant durant) durant l'Ignorance." [A rapporté par Al-Bukhârî] Tout comme il est rapporté dans le hadîth de Mu'awiyah, que le Prophète (Sallallahu 'alayhi wa salâm) a été interrogé au sujet de la secte sauvée, il a répondu: "C'est la Jamâ'ah. "


Par conséquent, les Musulmans sont un Groupe, donc il n'est pas permis à Qaradhâwî de s'efforcer de rompre les rangs des Musulmans et de les diviser. Il ne fait que les affaiblir en les divisant. Allâh dit: "Et cramponnez-vous tous ensemble à la corde d'Allah, et ne soyez pas divisés." [Surat Ali 'Imrân v-103]. Et Il dit: "Certes ceux qui émiettent leur religion et se divisent en sectes, de ceux-là tu n'es responsable en rien. [Surat Al-Ana'âm v-159]


Et qu'est-ce qui est plus méprisable que ce qui a été rapporté de sa part dans un journal où il dit: "Nous ne combattons pas les Juifs à cause de l'Islâm, mais nous les combattons parce qu'ils ont occupé nos terres!."


Je dis: Quelle mauvaise et terrible fatwa! Et Allâh - Le Trés Haut - dit dans Son Noble Livre : " Dis: Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu'Allâh, Son Messager et la lutte dans le sentier d'Allâh, alors attendez qu'Allâh fasse venir Son ordre. Et Allâh ne guide pas les Fâsiqoûn. " [Surah - Tawbah v-24]
Par conséquent , la religion prend la préséance sur la terre et le pays.



Source : [Tuhfat ul-Mujîb 'an As'ilat-il-Hâdir wal-Gharîb - pg. 89-91]




La méthodologie du Dr Yussûf Al-Qardhâwî dans son livre:

" Le Licite et l’Illicite en Islam "

 

Au nom d’Allah le Clément le Miséricordieux

 

[1]Louange à Allah, Seigneur des Mondes, et que la prière et le salut d’Allah soient sur le Prophète Muhammad qui a dit : « En vérité, ce qui est licite est clair, et ce qui est illicite est clair ; et entre deux se trouvent des choses douteuses que peu de gens connaissent. Celui qui s’éloigne des choses douteuses a certes préservé sa religion et son honneur, et celui qui tombe dans les choses douteuses, a commis l’interdit comme un berger qui mène ses bêtes autour d’un domaine défendu ; il se peut qu’à tout moment son troupeau vienne y paître.

En fait, chaque roi (ou propriétaire) possède un domaine défendu et en fait, le domaine défendu d’Allah est ses interdits. »[2]

Qu’Allah prie sur lui, sur sa famille, ses Compagnons et tout ceux qui le prennent en exemple jusqu’au jour du Jugement.

J’ai pris connaissance du livre qu’a écrit le cheikh Yussûf Al-Qardhâwî et qu’il a intitulé Al-Halâl wal-Harâm fil-Islâm. Il y a abordé de nombreuses questions de Fiqh et des règles concernant les transactions, la nourriture et autres ; et j’ai constaté qu’il s’est trompé à de nombreux endroits de son livre, notamment dans les sujets suivants[3] :

  • - L’amour voué à certains non-musulmans ;
  • - le port de la soie pour les hommes ;
  • - la représentation [d’êtres animés] ;
  • - le fait que la femme montre son visage et ses mains en présence d’hommes qui ne font pas partie de ses Mahârim ;
  • - la musique et le chant ;
  • - le fait de raser la barbe ou la tailler ;
  • - l’égorgement rituel ;
  • - jouer aux échecs ;
  • - aller au cinéma.

L’obligation (islamique) de conseiller et de s’entraider au bon comportement et à la piété m’a amené à attirer l’attention sur ces erreurs, peut-être que l’auteur révisera son livre et corrigera ces erreurs, en se basant sur ce que montrent les preuves (textuelles), afin que les gens en profitent, et qu’il obtienne la récompense. Le Prophète (salallahou alayhi wa salam) a dit : « Celui qui invite vers une bonne œuvre obtient la récompense de tous ceux qui l’accomplissent, sans que cela ne diminue en quoi que ce soit de leur récompense. Et celui qui invite vers un égarement obtient le péché de tous ceux qui le suivent, sans que cela ne diminue en quoi que ce soit de leur péché. »[4]

Après avoir noté mes remarques, je me suis aperçu que cheikh ‘Abdul-Hamîd Tamhâz m’avait devancé dans la critique du livre en rédigeant un fascicule qu’il a intitulé Nazharât fî Kitâbi-l-Halâli wal-Harâmi fil-Islâm.

Dans l’introduction de son ouvrage, il a mentionné quelques phrases dans lesquelles il clarifie l’effort de compréhension (Ijtihâd) des (quatre) imams pour déduire les jugements religieux des sources de loi, et ce qu’ils ont fourni comme efforts louables dans ce sens, en disant : « Quiconque effectue des recherches dans le domaine des jugements islamiques religieux ne peut se passer de revenir aux opinions et aux avis [des imams] ; quiconque est tenté de contredire leurs opinions et de s’éloigner de leurs avis, tombera [inévitablement] dans l’erreur, la confusion et la contradiction, car il n’a pas la pleine connaissance de toutes les preuves, et n’a pas compris les textes comme il le fallait, et eux [les imams] sont plus proches naturellement et par leur compréhension, de l’époque du bien et de la pureté (l’époque des Compagnons et des Successeurs).

Avant de les contredire, on doit étudier leurs avis et on constatera alors que les imams - qu’Allah leur fasse miséricorde - ne sont pas sortis [des limites fixées dans] le Coran, et qu’ils n’ont pas contredit la Sunnah, mais au contraire, qu’ils ont déduits de ces deux sources leurs avis et leurs opinions.

Nous avons devant nous un exemple pratique [de cette erreur], qui est le livre Al-Halâl wal-Harâm fil-Islâm. Son auteur, le cheikh Yussûf Al-Qardhâwî s’est éloigné des avis des imams dans beaucoup des questions qu’il a abordées, pour adopter des opinions singulières ou faibles, ou encore attribuées faussement à d’autres.

Si seulement avant de les noter dans son livre, il avait comparé ses opinions aux avis des imams qui font référence, et [si seulement] il avait comparé leurs preuves aux siennes !  S’il avait fait cela, la faiblesse et la singularité de ses opinions lui seraient apparues clairement, et par conséquent, il ne les aurait pas notées dans son livre comme des opinions qui font référence, et avec lesquelles ils prononcent ses décrets religieux (Fatâwa) à la masse des musulmans, et aux générations qui leur succèderont.

Je dis cela car je suis convaincu de la pureté de son intention et de sa sincérité, et [je suis sûr qu’]il n’a mentionné ces avis qu’avec l’intention de montrer l’islam sous l’angle de la facilité et de la souplesse. Or, la facilité et la souplesse de l’islam ne se trouvent pas dans le fait de se conformer aux passions des gens, mais la facilité se trouve dans la souplesse des textes et la facilité de ses commandements, que n’importe quel être humain est capable de respecter, à n’importe quelle époque et en tout lieu.

Quant au fait de se réfugier sous la bannière de la facilité et de la souplesse pour les gens en adoptant des avis singuliers, faibles et empruntés à d’autres, en brisant ainsi les remparts de la loi islamique (Sharî’ah), et en dépassant ses limites, alors ceci ne nous est en aucun cas permis, qu’on le fasse avec une bonne intention ou une mauvaise.

[Pourtant,] l’auteur a lui-même admis cela lorsque qu’il a énoncé les principes suivants :

  • - La bonne intention n’excuse pas l’interdit ;
  • - Employer la ruse pour contourner l’interdit est interdit ;
  • - Ce qui mène à l’interdit est interdit ;
  • - Les choses licites nous suffisent pour éviter l’illicite.

De même que l’auteur a critiqué les imitateurs qui s’empressent de prononcer le mot « interdit » (Harâm) sans preuve, ou même un semblant de preuve, nous le critiquons pour son empressement à prononcer des avis faibles et singuliers, et à les inscrire dans son livre, comme s’ils étaient des références, étayées par des preuves, que l’on peut adopter et appliquer. »[5]

Son éminence le cheikh ‘Abdul-Hamîd Tamhâz a effectué un travail de qualité dans la critique du livre, et dans ces paroles (que nous avons citées), qui donne une idée claire de la méthode de l’auteur Al-Qardhâwî dans son livre - qu’Allah le récompense [cheikh ‘Abdul-Hamîd] pour cette étude.

[…]

 


Note :

[1] Introduction du livre de cheikh Sâlih ibn Fawzân Al-Fawzân, Al-I’lâm bi-Naqdi Kitâb il-Halâl wal-Harâm, p. 7-9.

[2] Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim.

[3] Nous ne rentrerons pratiquement pas dans le détail des argumentations, car cela nécessitera de traduire des livres entiers, ce que nous ne pouvons faire ici. Nous invitons donc ceux que cela intéresse de se référer pour cela aux originaux en arabe.

[4] Muslim.

[5] Cheikh ‘Abdul-Hamîd Tamhâz, in Nazharât fî Kitâbi-l-Halâli wal-Harâmi fil-Islâm.


 

 

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