(Coran, 4 /115 )


« Et quiconque fait scission d' avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination! »


Samedi 22 septembre 2007



Le groupe qui sera sauvé [à savoir les gens de la Tradition et du consensus] croit au destin dans le bien comme dans le mal. Cette croyance au destin comporte deux degrés, lesquels présentent chacun deux aspects :



Le
premier degré revient à croire que Allah exalté connaît de par Sa science éternelle (Qadîm - Abadi) les œuvres des créatures, leurs états : Obéissances et désobéissances, subsistances (Rizq) et termes de vie (Ajal). Allah a ensuite consigné dans la Table protégée (Al-lawh Al-Mahfûd) les destinées des créatures.


Lorsqu' Allah créa la Plume (Qalam), II lui ordonna : « Ecris ! » et elle demanda «Que dois-je écrire ? » II dit : «Ecris ce qui, jusqu'au Jour de la Résurrection, aura lieu.» Aussi, ce qui atteint l'homme ne pouvait le manquer et ce qui le manque ne lui était pas destiné. L'encre des plumes a séché et les feuillets ont été rangés. [1]


Le Très-Haut a dit :
«Ne sais-tu pas qu'Allah sait ce qu'il y a dans le ciel et sur la terre ? Tout cela est dans un Livre, et cela pour Allah est bien facile.» (S.22 / V.70)


Il a dit aussi :
«Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah» (S.59 / V.22)


Cette prédestination (Taqdîr), qui procède de la science d'Allah, couvre les choses aussi bien dans leur totalité que dans leurs détails. Dans la Table protégée, est consigné ce qu'Allah a voulu. A la création du fœtus, et avant même d'y insuffler l'âme. Allah lui envoie un Ange qui a pour ordre d'inscrire quatre décisions : ce qui lui est imparti comme biens et nourriture (Rizq), son délai de vie, ses actes et sa condition heureuse ou malheureuse.[2]. Cette forme de la prédestination divine était jadis niée par les Qadarites extrémistes. Ses négateurs se font aujourd'hui rares.


Quant au
deuxième degré, il réside dans le fait de croire en la puissante Volonté d'Allah, et en Son pouvoir universel; autrement dit au fait que ce que Allah veut, se produit, et que ce qu'Il ne veut pas, ne peut être. Il n'est de mouvement (Haraka) ni de repos (Sukûn), dans les cieux et dans la terre, qui ne procède de Sa Volonté, pureté à Lui. Dans Son Royaume, il n'est que ce qu'Il veut. Allah, Pureté à Lui, est Puissant sur toute chose, existante soit-elle ou non- existante. Il n'est sur terre ou dans les cieux de créature qui ne procède de Lui. Il n'est de Créateur ni de Seigneur en dehors de Lui. Aux serviteurs ('Ibâd), II a enjoint d'obéir à Lui ainsi qu'à Ses Envoyés, et II leur a interdit la rébellion (Ma'siyya). Allah - Pureté à Lui - aime les pieux, les bienfaisants et les justes. Il est satisfait de ceux qui ont cru et accompli des œuvres pies, mais II n'aime pas les négateurs, et n'agrée pas les pervers (fâsiq). Il n'ordonne pas la turpitude et n'accepte point l'infidélité de Ses serviteurs. Il n'aime pas non plus la corruption.


Les serviteurs sont les auteurs véritables des actes qui sont les leurs ; Allah est cependant le Créateur de leurs actes. [3]
Par serviteur, il convient d'entendre aussi bien le croyant, le pieux, le prieur et le jeûneur que le négateur et le pervers. Les serviteurs ont une puissance sur leurs actes et ont une volonté, mais Allah est - conformément à Sa parole - le Créateur de leur pouvoir et de leur vouloir : «pour celui d'entre vous qui veut suivre le chemin droit. Mais vous ne pouvez vouloir, que si Allah veut, [Lui], le Seigneur de l'Univers» (S.81 / V.28-29)


C'est ce degré de la prédestination (Qadar) que nient les Qadarites appelés par le Prophète ((صلى الله عليه و سلم)) les « zoroastriens (Majûs) de cette communauté » [Ahmad] ; certains, parmi les gens confirmant la prédestination, exagèrent au sujet de ce degré, allant jusqu'à dépouiller le serviteur et de son pouvoir et de son choix, enlevant ainsi aux actes d'Allah et à Ses prescriptions (Ahkâm) leur sagesse et leur utilité.






[1] Hadith rapporté par Tirmidhi.

[2] Hadith rapporté par Mouslim.

[3] Lorsque le serviteur prie, jeûne ou pratique quelque bien ou mal c'est lui qui est l'auteur de ces actes, et il n'est aucun doute quant à cela ; II est libre d'agir en bien ou en mal, de faire ou ne pas faire ce qu'il veut. Le serviteur agit de par sa volonté et son pouvoir propres ; seulement Allah est Celui qui crée sa volonté (lrâda) et son pouvoir (Qudra) rendant possible son agir, c'est pourquoi est-ll en vérité le Créateur des actes du serviteur.

Par Samir Abou Taymyya Al Jazairi - Publié dans : Al-Wassitiyya (Ibn Taymiyya)
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Dogme - Croyance



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Sheikh Al Islam Ibn Taymiyya (d.728H) dit dans l'introduction de son livre Al-'Aqida Al-Wasityya : « Voici le credo (I'tiqad) du groupe victorieux sauvé, Ahl As Sounna oua Al-Jama'a. »

Et il  dit dans la conclusion du même livre :
« Cependant, quand le prophète a informé que cette Oumma se diviserait en soixante-treize sectes, toutes étant dans le Feu sauf une et c'est la Jama'a; vient ensuite dans un hadith où il dit  : « ils sont sur quoi je suis aujourd'hui et mes compagnons ».

Il se réfère à ceux qui s’accrochent fermement à l’islam, préservés de la souillure.

Ils sont Ahl As Sounna oua Al-Jama'a et parmi eux sont les Sidiqin (véridiques) et les Shouhada (martyrs) et les Salihin (justes). Et parmi eux sont ceux qui connaissent la guidée et qui illuminent les ténèbres et ceux dont les grands actes ont été relatés et dont les vertus ont été mentionnées.

Et parmi eux sont les Abdal, et parmi eux sont les savants de la religion et ils sont le groupe victorieux de qui le prophète a dit :

« restera toujours un groupe de ma Oumma, victorieux sur la vérité. Ceux qui les abandonnent ou s’opposent à eux ne leur nuiront pas, jusqu’à ce que l'Heure ne vienne. » Nous demandons à Allah de nous mettre parmi eux et de ne pas permettre à nos cœurs de dévier après qu'Il nous ait guidés. »
[Majmou' Al Fatawa (1/393)]


Il doit être noté que le terme Abdal était un terme connu parmi les Salafs et d'autres parmi les premiers savants comme mentionné par As-Sakhawi dans « Al-Maqasid », Ibn Taymiyya dans Al-Wasityya et Al Albani.

La différence est dans ce à quoi il fait référence - l'avis le plus fort est qu'il fait référence aux gens du Hadith comme mentionné par un certain nombre des premiers savants parmi eux Al-Khatib Al Baghdadi dans son « Sharaf Ashab Al Hadith ».



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